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Booknode Livraddict

Une lectrice à Wonderland



Avant de mourir, le père d’Indira lui a confié sa dernière volonté : que ses cendres soient répandues sur Mars… Une vocation secrète d’astronaute ? Pas du tout, juste le nom de son PMU favori au sommet des Pyrénées ! Indira prend alors une décision qu’elle regrette aussitôt : organiser un road trip en autocar avec les amis de son père. Direction Superbagnères, Haute-Garonne.
De pannes en esclandres, avec force champagne en thermos, le voyage prend des allures d’odyssée tandis qu’Indira apprend à connaître ses compagnons de galère. Et à travers eux, ce père qu’elle avait renoncé à aimer…

⚠ Avertissements de contenu (surlignez ci-contre) > mort, maladie (cancer), alcool, drogue, racisme et homophobie 

Lectrice du webzine Madmoizelle à l'époque où Kalindi y travaillait encore (au sein de la rubrique ciné/séries), j'aimais beaucoup sa personnalité et le ton très cash de ses critiques. Ainsi, quand j'ai vu qu'elle avait sorti son premier roman, j'ai eu très envie de le découvrir, surtout que généralement, j'aime beaucoup les road-trips. Malheureusement, je dois bien admettre que cette lecture a été une petite déception. 

Il y a quelques années, Andros lançait un nouveau produit qui allait révolutionner ma conception de l'humanité : les liégeois de fruits. Après en avoir mangé avec d'autres membres de mon espèce, amis et famille réunis, je compris que le genre humain ne pouvait se diviser qu'en deux catégories : ceux qui touillaient le liégeois en une bouillasse irrespectueuse, et ceux qui honoraient comme il se doit les strates de fruits et de chantilly. Mon père faisait partie de la première catégorie. Moi, de la seconde. Il est donc clair que nous ne pouvions pas nous entendre.

Tout d'abord, si vous voulez lire le roman juste pour l'aspect road-trip, à la manière de Little Miss Sunshine, vous serez très certainement déçu.e.s. Contrairement à ce à quoi je m'attendais, il y a très peu de descriptions et d'évocations des paysages et des lieux par lesquels passent les personnages et j'ai trouvé cela assez dommage.

Le récit est beaucoup plus centré sur les personnages, leurs personnalités hautes en couleur et la relation que chacun.e entretenait avec Suraj, le père d'Indira. Si l'histoire de certains d'entre eux m'ont touchée et que j'ai apprécié le fait qu'ils se dévoilent au fur et à mesure, ils m'ont quand même paru très caricaturaux. Pire encore, je n'ai pas pu supporter le personnage principal. Si elle évolue au fil du récit, je n'ai pas réussi à m'attacher à Indira et je ne comprends pas pourquoi certains détails de sa vie, comme ses relations amoureuses, prennent autant de place dans l'intrigue.

Pour le coup, je me sens un peu mal de "critiquer" ce roman car on sent bien qu'il est très personnel, comme en témoigne la dédicace de l'autrice adressée à son propre père Le roman aborde beaucoup de sujets très importants comme l'acceptation, des relations familiales,  l'identité ou encore le deuil. Tout cela est assez bien amené, tellement qu'on ne s'y attend pa forcément, mais j'aurais aimé que cela soit un peu plus approfondi. 

En lisant ce roman, j'ai aussi compris la différence entre apprécier le ton d'une journaliste dans un article, une vidéo ou un podcast et dans une fiction de plus de 200 pages… Si j'ai lu le livre très rapidement en moins d'une journée, j'ai eu beaucoup de mal avec la plume de l'autrice, que pourtant j'appréciais beaucoup dans ses articles sur Madmoizelle. J'ai eu tendance à trouver certains traits d'humour, certains "refrains" un peu lourds sur le long terme. Pour finir sur une note positive, j'ai été un peu plus convaincue par le style des derniers chapitres, très bien écrits et qui concluent parfaitement le roman. 


Pour conclure, j'ai été assez déçue par ce roman, même si je suis convaincue qu'il n'est pas mauvais. Je regrette de ne pas avoir apprécié plus que ça les personnages ni le style d'écriture et que le livre reste beaucoup en surface. Du reste, c'est un récit intime et important donc je pourrais vous le recommander si le style d'écriture ne vous dérange pas.



Les Jours mauves de Kalindi Ramphul 

Editions J.C Lattès (2024)

Ma note : ★★☆☆☆


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Comme d'habitude, j'arrive un peu après la guerre. En effet, j'étais passée à côté de ce roman phare de La Rentrée Littéraire 2021, car c'était une époque où je lisais peu de livres contemporain "adultes". Mais bon, qu'importe car Mon Mari de Maud Venture trônera sans conteste parmi mes meilleures lectures de l'année 2024. 

C'est une femme toujours amoureuse de son mari après quinze ans de vie commune. Ils forment un parfait couple de quadragénaires : deux enfants, une grande maison, la réussite sociale. Mais sous cet apparent bonheur conjugal, elle nourrit une passion exclusive à son égard. Cette beauté froide est le feu sous la glace. Lui semble se satisfaire d'une relation apaisée : ses baisers sont rapides, et le corps nu de sa femme ne l'émeut guère. Pour se prouver qu'il ne l'aime plus - ou pas assez - cette épouse se met à épier chaque geste de son mari comme autant de signes de désamour. Du lundi au dimanche, elle note méthodiquement ses "fautes", les peines à lui infliger, les pièges à lui tendre, elle le trompe pour le tester. Face aux autres femmes qui lui semblent toujours plus belles, il lui faut être la plus soignée, la plus parfaite, la plus désirable. On rit, on s'effraie, on se projette et l'on ne sait sur quoi va déboucher ce face-à-face conjugal tant la tension monte à chaque page.
Avec un résumé pareil, j'étais déjà attirée, mais le livre a été bien au-delà de mes attentes. En un mot : il est génial (au sens strict du terme "génie"). L'autrice nous plonge dans le quotidien d'un couple qui rentre parfaitement dans le cliché du couple hétérosexuel aisé : deux enfants, une belle maison pavillonnaire, des professions "prestigieuses"... Mais, au fil du livre, on est immergé plus profondément dans leurs secrets et on se rend compte de la toxicité de ce pseudo-mariage heureux. La lecture en devient plus que dérangeante, mais paradoxalement encore plus envoûtante. C'est ce côté noir, sarcastique, irrévérencieux que j'ai adoré dans le roman et qui fait que j'ai autant accroché.

L'autre originalité du roman, c'est son héroïne, la narratrice, la femme du couple. Je ne veux pas trop vous en dire sur ce personnage, mais c'est typiquement le genre de personnage qu'on adore détester. Elle est cruelle, remplie de contradictions et totalement obsédée par son mari et en même temps, elle est touchante et on a presque pitié pour elle face à sa détresse psychologique. J'ai été fascinée par la capacité de Maud Ventura à créer, en si peu de pages, un personnage complet et complexe, avec une psychologie foisonnante. Le fait d'avoir accès aux réflexions du personnage renforce également le côté dérangeant car finalement, on a presque l'impression d'être son/sa psychologue.

La construction du livre est très habile et parfaitement maîtrisée. Il est est divisé en parties correspondant  aux jours de la semaine. Si on pourrait s'attendre à une forme de redondance, ce n'est pas du tout le cas : au contraire, la tension monte crescendo et la lecture devient de plus en plus addictive jusqu'à la fin. Une fin aussi surprenante et renversante que le reste du livre, qui permet de souligner la cohérence du roman, qui garde le même ton jusqu'au bout, tout en poussant l'histoire a son paroxysme.

 Je tiens également à souligner la qualité de la plume de l'autrice. C'est le genre de plume qui vous donne envie de lire et d'écrire encore et encore. Fluide et efficace, elle se caractérise aussi par une vraie maîtrise du langage (chaque mot compte) et une forme de poésie qui apporte une valeur ajouté au prosaïsme du roman. 

En bref, un roman renversant, surprenant, déroutant, cruel, captivant. Vous l'aurez compris, ça a été un réel coup de coeur pour moi et je pourrais en parler pendant des heures… J'ai été complètement conquise et j'espère lire d'autres romans de l'autrice à l'avenir. En tout cas, je vous recommande celui-ci à 100%.

Ma note : ❤




Mon mari - Maud Ventura 

L'Iconoclaste • 2021

Disponible en poche et en livre audio 

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À l’aube de ses quatre-vingts ans, Evelyn Hugo, légende du cinéma, est enfin prête à dire la vérité sur sa vie aussi glamour que scandaleuse. Mais quand cette actrice, vieillissante et solitaire, décrète qu’elle fera ces révélations à Monique Grant, journaliste pour un obscur magazine, personne ne comprend son choix. La journaliste décide de saisir cette occasion pour lancer sa carrière. Elle écoute avec fascination l’histoire de cette actrice mariée sept fois. Une histoire d’ambition, d’amitié et d’amour défendu. À mesure qu’elle recueille les confidences d’Evelyn, la journaliste comprend que leurs destins sont étroitement liés…

Cela fait plusieurs années maintenant que j'entends parler de ce livre en bien sur les réseaux sociaux et que je me dis que je devrais le lire. C'est désormais chose faite et sans aucun regret puisque ça a été un vrai coup de coeur !

Peut-être que vous en avez marre d'entendre parler de cette "biographie fictive" partout et que vous vous demandez ce qu'elle a de plus que les autres romans…  Eh bien, figurez-vous que je me disais la même chose, mais qu'au final, la vie d'Evelyn est juste passionnante.  Elle n'est peut-être pas pleine d'action, mais sa carrière nous montre Hollywood derrière le glam et les paillettes, entre violence, sexe et alcool auquel Evelyn assume complètement d'avoir pris part. 

J'ai apprécié la nuance présente dans le roman, chez tous les personnages, mais chez Evelyn en particulier. C'est une femme forte, ambitieuse et engagée, mais qui a également de vrais défauts, ce qui est particulièrement rafraîchissant. Pour arriver au sommet, elle a menti, manipulé et brisé des relations et même si beaucoup de ces actes sont peu recommandables, elle a subi beaucoup d'épreuves et son caractère de battante force le respect.

Sans rentrer dans les détails, la question de l'identité est également très présente dans le roman, à travers le cas d'Evelyn elle-même et d'autres personnages. Il montre aussi à quel point il est difficile d'assumer qui on est dans une société encore très conservatrice. Je ne vais pas en dire plus, mais cette réflexion apporte de la valeur ajoutée au roman et permet de faire le lien entre tout ceux qu'Evelyn rencontrera sur son passage. 

Mais, Evelyn n'est pas la seule protagoniste du roman puisqu'on suit également Monique, la journaliste à qui elle raconte sa vie, dans le récit cadre. Pour le coup, si sa personnalité et son histoire sont totalement éclipsés par la fascination que suscite Evelyn, j'ai adoré voir comment sa propre histoire va finir par rejoindre celle d'Evelyn d'une manière aussi inattendue que bien pensée. 

Pour finir, ce roman est un véritable page-turner. Les chapitres sont courts, l'histoire n'est pas redondante et  la plume de Taylor Jenkins Reid est particulièrement efficace. On a beaucoup de mal à lâcher le roman une fois commencé même si personnellement, je l'ai lu assez lentement pour faire durer le plaisir. 


Bref, je dois admettre que la hype autour de ce livre est TOTALEMENT justifiée. J'ai pris un plaisir fou à lire cette histoire qui est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît et très difficile à lâcher. Les personnages sont nuancés et la fin est imprévisible… bref de quoi vous tenir en haleine si vous décidez de le lire cet été ;)  


Avertissements de contenu (surlignez pour voir) > mort, suicide, alcoolisme, viol, agression sexuelle, violences conjugales, cancer

Ma note :  coup de coeur ❤

(LU EN V.O) The Seven Husbands of Evelyn Hugo | Simon & Schuster 
Disponible en français chez Hauteville 

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Aujourd'hui, je mets les pieds dans le plat en vous parlant d'un livre qui a rencontré un succès assez important sur le Booktok anglophone. J'avais déjà lu La Guerre du pavot de la même autrice dans un tout autre style et j'étais très curieuse de découvrir celui-ci.

C'est une histoire magistrale... racontée par la mauvaise personne. June Hayward et Athena Liu ont étudié ensemble à Yale, ont déménagé à Washington après avoir obtenu leur diplôme et sont toutes les deux écrivaines, mais les similitudes s'arrêtent là. Athena est une étoile montante de la littérature, et June n'est personne. Après tout, qui s'intéresse de nos jours aux histoires d'une fille blanche aussi banale qu'elle.   Lorsqu'elle assiste à la mort d'Athena dans un accident invraisemblable, June agit donc sans réfléchir et vole le manuscrit que son amie et rivale vient de terminer – un roman sur les contributions méconnues du corps des travailleurs chinois pendant la Première Guerre mondiale. Et si June corrigeait le récit et l'envoyait à son agent comme s'il s'agissait de son propre travail ? Et si elle adoptait le nom de Juniper Song et jouait sur l'ambiguïté de son origine ethnique ? Quelle qu'en soit l'autrice, ce morceau d'histoire ne mérite-t-il pas d'être raconté  ? Mais June ne peut échapper à l'ombre d'Athena, et des révélations menacent de faire s'écrouler son succès volé. Jusqu'où sera-t-elle prête à aller pour protéger son secret ?

 

Sans mentir, j'avais des attentes assez élevées vis-à-vis de ce roman. Celui-ci promettait d'aborder des thématiques ambitieuses et actuelles telles que l'appropriation culturelle (en l'occurrence : est-ce qu'une autrice blanche peut écrire un livre sur des personnes asiatiques ?), les coulisses du monde l'édition ou encore le cyberharcèlement. J'avais un peu peur que le roman tombe dans le manichéisme ou se perde dans tous ces sujets mais finalement, j'ai trouvé que l'autrice abordait ces différents sujets d'une manière nuancée et que cela s'intégrait bien à la trame narrative (du moins, dans la première partie du livre). On est vraiment dans une pure satire du monde littéraire, entre plagiat, visée capitaliste des éditeurs ou cancel culture qui s'avère aussi réaliste que jubilatoire. Si vous êtes très avides de dramas, comme moi, vous allez adorer !

Outre les thèmes abordés, l'autre aspect original de ce roman est sa narration puisqu'il est raconté du point de vue de la "mauvaise personne", June, celle qui est jalouse le succès de son amie Athéna et qui vole son manuscrit pour se l'approprier. Celle-ci entre parfaitement du stéréotype de la Karen, de la femme blanche qui passe son temps à se dédouaner et à refuser de reconnaître le racisme qu'elle a intériorisé. J'ai adoré détester ce personnage qui n'est d'ailleurs pas épargné au fil de l'histoire ; tellement qu'on finit par ressentir un peu de compassion pour elle tant elle s'est empêtrée profondément dans son mensonge. 

Ce qui fait toute la complexité du roman, c'est que comme elle est décrite également à travers les yeux de June, Athéna ne paraît pas plus attachante non plus. On a l'impression d'avoir affaire une autrice privilégiée et narcissique qui ne pense qu'à elle tout en sachant qu'on n'aura jamais accès à la "vraie" Athéna, mais seulement à la manière dont June la percevait. 

Néanmoins, je ne pourrais pas dire que ce livre est un coup de coeur, car la deuxième partie est extrêmement décevante. L'intrigue prend une tournure assez différente, qui flirte avec le thriller psychologique, ce qui ne m'a pas vraiment convaincue. Si le roman se transforme rapidement en page-turner, l'histoire devient aussi très superficielle. On sent que l'autrice cherche à maintenir l'aspect satire/réflexion, mais n'y parvient pas : on a droit à beaucoup de répétitions. 

Avertissement : racisme, pensées suicidaires, mort 

Pour conclure, je n'ai pas passé un mauvais moment de lecture avec ce roman. La plume de l'autrice est particulièrement fluide et l'aspect satirique a un côté jubilatoire qui rend le livre très addictif. Cependant, la manière dont l'intrigue évolue fait que le roman perd beaucoup en complexité et en originalité. 

Ma note : ★★★☆☆



Références  : Yellowface de Rebecca F. Kuang | De Saxus | 500 pages 
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Il est assez rare que je lise des romans policiers, et encore plus que je les chronique sur ce blog. Mais, comment résister au nouveau roman de Stuart Turton après avoir adoré Les Sept morts d'Evelyn Hardcastle ? Il faut dire qu'en dehors de sa magnifique couverture, celui-ci s'est révélé être un vrai coup de cœur pour moi.

*

1634. Le Saardam quitte les Indes orientales pour Amsterdam. À son bord : le gouverneur de l'île de Batavia, sa femme et sa fille. Au fond de la cale, un prisonnier : le célèbre détective Samuel Pipps, victime d'une sombre affaire. Alors que la traversée s'avère difficile et périlleuse, les voyageurs doivent faire face à d'étranges événements. Un symbole de cendres apparaît sur la grand-voile, une voix terrifiante se fait entendre dans la nuit, et les phénomènes surnaturels se multiplient. Le bateau serait-il hanté, ses occupants maudits ? Aucune explication rationnelle ne semble possible. Et l'enquête s'avère particulièrement délicate, entre les superstitions des uns et les secrets des autres.

*
Difficile de catégoriser ce roman qui semble mêler histoire, paranormal et enquête policière... Ce mélange donne une atmosphère particulière au roman, à la fois ésotérique et brumeuse. Pour autant, je me suis projetée dans le roman sans difficulté et j'avais l'impression de suivre les pas des membres de l'équipage sur les pontons du Saardam. Les influences et l'imagination de l'auteur transparaissent à chaque page du roman ce qui rend l'univers encore plus visuel et identifiable.

Les personnages sont un autre point fort du roman. En voyant la longue liste de personnages au début du livre, j'avais peur de m'emmêler les pinceaux. Mais, ce n'est pas du tout arrivé car chaque personnage, qu'il soit central ou plus secondaire, est extrêmement bien caractérisé. J'ai adoré leurs caractères ambivalents et nuancés qui se dévoilent au fil du roman, en découvrant leurs secrets et leurs passés. J'ai particulièrement aimé Arent, le bras droit du détective Samuel Pipps, un personnage aussi central qu'attachant.

Point à souligner également : en dehors de la partie enquête (que j'évoquerai après), le roman aborde également en toile de fond la situation des femmes au  XVIIe siècle dans la haute société à travers le personnage de Sara, la femme du gouverneur, et de leur fille Lia. Sara est une femme que j'ai trouvé très forte et inspirante, qui n'accepte de se soumettre à un mari abusif et violent. Si l'aspect "féministe" reste en arrière-plan, l'auteur met beaucoup en lumière les personnages féminins, ce qui est très appréciable.

Pour (enfin) parler de l'enquête, elle est très addictive. Si vous êtes amateurices des romans d'Agatha Christie ou des parties de Cluedo, on sent vraiment ces influences dans le style de Stuart Turton. Huis clos, éléments qui se dévoilent petit à petit, événements inattendus, détails en apparence paranormaux… on peut dire qu'il sait tenir son lecteur en haleine. En tout cas, j'ai été totalement captivée par l'histoire et la plume fluide de l'auteur et j'ai trouvé le final totalement inattendu.

Conclusion 

Bref, on peut dire que ce roman m'a fait l'effet d'une petite bombe. Si j'ai décidé de le lire lentement pour faire durer le plaisir, j'aurais parfaitement été capable de le lire d'une traite. Que cela soit l'ambiance mystérieuse, les personnages attachants et développés ou l'enquête addictive, j'ai été séduite par chaque aspect de L'étrange traversée du Saardam. Je vous le recommande sans hésiter.

Ma note : ★★★★★



Sur le livre


L'étrange traversée du Saardam (2022) • Stuart Turton 

Editeur : 10/18 (poche) 

Page : 624 p.

Prix : 10,1€


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Il y a des auteurs et des autrices à qui je fais confiance quoi qu'il arrive. Après deux excellentes lectures avec "The Hate u give" et "Parée pour percer", Angie Thomas en fait clairement partie. Je guette ce roman depuis sa sortie en VO et on peut dire qu'il ne m'a pas déçue ! 

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Au mois de février (déjà !), je vous parlais de l'excellente lecture qu'a été pour moi Annie au milieu. Aujourd'hui, me voilà pour vous parler du prochain roman d'Emilie Chazerand que j'envisageais de lire, Falalalala. J'en attendais beaucoup de ce roman et peut-être même un peu trop car j'ai été assez déçue de ma lecture.

**
Chez les Tannenbaum, on est petit. 

Trois générations d'achondroplases, soit sept naines gèrent Tannenland, le paradis des êtres miniatures. Deuxième curiosité alsacienne après la cathédrale de Strasbourg, cette famille n'a rien d'ordinaire. 

Sauf peut-être Richard, 19 ans, le seul garçon de la tribu. Le seul grand, aussi...

** 

Pourtant, Falalalala avait tout pour me plaire, notamment avec son ambiance un peu Noël. Si je n'ai peut-être pas choisi la meilleure période pour le lire, j'ai été totalement prise dans cette lecture qui sent bon le vin chaud, le feu de bois et la cannelle. Pas besoin d'être déjà allé en Alsace pour apprécier cette ambiance et la visualiser parfaitement. L'ambiance à Tanneland paraît si chaleureuse qu'on a envie d'y être. Bref, l'immersion est totale.

Mais, je suis bien plus mitigée sur le reste du roman, notamment concernant les personnages. Ils sont assez nombreux donc c'est assez difficile de s'y retrouver, mais on finit par s'habituer. Mon plus gros problème réside dans leur caractérisation inégale. Si certains ont des caractères bien définis, notamment les enfants, j'ai trouvé que d'autres manquaient beaucoup de matière, notamment Fritzi, la grande tante et Katinka, la tante de Richard dont on entend assez peu parler. De plus, avec le recul, je me suis attachée à très peu de personnages et il y en a même que j'ai trouvé insupportable, en particulier Ludovika. 

La construction de l'histoire m'a aussi posé aussi. L'autrice a volontairement recours à un style un peu brouillon, à une sorte de patchwork dans lequel on a du mal à se repérer au début. Cela m'a considérablement empêche d'adhérer pleinement à ma lecture. De même, je n'ai pas trouvé l'écriture aussi plaisante que dans Annie au milieu. Au bout d'un moment, l'humour devient assez lourd.  L'écriture mêle des phrases à rallonge et des dialogues entremêlées de pensées des personnages ce qui à la longue, n'est pas toujours agréable à lire.

Bref, si ce livre n'est clairement pas mauvais, on ne peut pas dire qu'il ait réussi à me convaincre. L'écriture un peu trop décousue ainsi que le manque d'affection pour les personnages ont malheureusement prédominé pendant ma lecture. Cependant, le roman reste touchant et l'ambiance est agréable. C'est pourquoi je vous conseillerai quand-même de le découvrir s'il vous tente.


Ma note : ★★☆☆




            Annie au Milieu d'Emilie Chazerand

            Editions Sarbacane (2019)

            412 pages 


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Il y a quelques semaine, dans mon article 12 livres à lire en 2022, j'écrivais mot pour mot : "Si je ne devais citer qu'un livre que je voudrais lire en 2022, ce serait celui-là". En effet, comment passer à côté de ce titre qui semble avoir convaincu la Terre entière et qui plus est, a été publié chez une maison d'édition que j'adore ? Je me suis donc lancée, sans aprioris, et je n'ai pas été déçue par ma lecture.

**

Velma et Harold sont le frère et la sœur d’Annie.
Annie est « différente ». C’est comme ça que les gens polis disent. Elle a un chromosome en plus. Et de la gentillesse, de la fantaisie, de l’amour en plus, aussi. Elle a un travail, des amis et une passion : les majorettes.
Et Annie est très heureuse parce que, pour la première fois, sa troupe aura l’honneur de défiler lors de la fête du printemps de la ville.
Mais voilà, l’entraîneuse ne veut pas d’elle pour cet événement : elle n’est pas au niveau, elle est dodue… Bref : elle est « différente ».
C’est bête et méchant. Ça mord Annie et les siens, presque plus. Alors, qu’à cela ne tienne : Annie défilera, avec son équipe brinquebalante, un peu nulle mais flamboyante.
Ses majorettes un peu barjo. Ses barjorettes, quoi.

**

Annie au milieu, c'est tout d'abord des personnages que je ne suis pas prête d'oublier. Ils sont tous hauts en couleur, attachants et touchants, mais surtout ils ne sont pas parfaits. Chacun a ses failles, ses défauts et ses problèmes qui ne font que le rendre plus réaliste et humain. Si j'ai évidemment été émue par Annie, son franc-parler, sa positivité et sa persévérance, j'ai aussi beaucoup aimé suivre son frère et sa sœur, Harold et Velma, car leur point de vue est  très pertinent. S'ils sont très attachés à leur sœur, le sentiment d'être oublié est aussi là…

L'histoire en elle-même n'est pas sans rappeler le film Little Miss Sunshine. De la même manière, il tacle les standards souvent profondément ridicules de notre société, et en particulier dans ses endroits où le culte de la beauté et de la perfection font rage. Si cette histoire délirante est amusante par bien des côtés, certains passages sont aussi très durs à lire. Annie au milieu, c'est aussi un roman qui traite de la maladie, des préjugés, des tabous dans le cercle familial à travers des passages particulièrement vrais et touchants. 

Je n'ai lu qu'un seul livre d'Emilie Chazerand (La fourmi rouge) il y a très longtemps donc je ne me souvenais plus de sa plume, mais elle est en tout cas particulièrement agréable à lire. Comme la plupart des Sarbacanes, j'ai lu le roman d'une traite tant l'intrigue est prenante et poignante. Mais ici, c'est aussi le changement de ton qui m'a plu. Comme l'histoire alterne entre les points de vue de Velma, d'Annie et d'Harold, l'autrice adapte son écriture à chaque personnage et j'ai trouvé ça très bien fait. 

En bref, j'ai passé un excellement moment de lecture avec Annie au milieu qui m'a littéralement fait passer du rire aux larmes. C'est un roman lumineux, passionnant et émouvant qui met en lumière des problématiques très intéressantes.  J'ai vraiment été convaincue et maintenant, j'ai hâte de découvrir Falalala de la même autrice. 


Ma note : ★★★★☆



Annie au milieu, Emilie Chazerand 

Editions Sarbacane (2021)

321 pages 

Disponible en grand format et en numérique 

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Jusqu'ici, j'ai uniquement eu l'occasion de lire Manon Fargetton en SFFF, avec la duologie Ombre et Dix jours avant la fin du monde que j'ai beaucoup apprécié. Il me tardait donc de découvrir sa plume en contemporain avec ce roman young-adult qui a rencontré un grand succès. Verdict, j'ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, même si c'était pas gagné dès le début.

*

Titouan ne sort plus de sa chambre. Alix rêve de théâtre. Luce reste inconsolable depuis la mort de son mari. Gabrielle tient trop à sa liberté pour s'attacher. Armand à construit sa vie entière autour de sa fille. Cinq personnages, cinq solitudes que tout sépare. Il suffira pourtant d'un numéro inconnu s'affichant sur un téléphone pour que leurs existences s'entrelacent... "Hasard, destin, alignement de planètes...


Appelez ça comme vous voulez, moi j'appelle ça magie".

*

En effet, j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire à cause des longueurs. Le début est assez lent car l'autrice prend le temps d'introduire les histoires des différents personnages. Finalement, je me suis laissée emporter par la narration de ce roman choral. Si cette construction m'a très peu surprise, ayant déjà eu l'occasion de lire beaucoup de romans similaires, j'apprécie le rythme que cela instaure  et le suspens crée par l'alternance des points de vue. La plume de Manon Fargetton a aussi beaucoup joué : juste, impactante et agréable à lire.

Mais, la plus grande force de ce roman, ce sont ses personnages. Alix, Armand, Gabrielle, Luce et Titouan : 5 protagonistes aux destins bien différents, mais tous aussi attachants. Cependant, je garde une préférence pour les destins d'Alix et Luce qui m'ont beaucoup touchée. En tout cas, chaque personnage est si travaillé et développé qu'il paraît incroyablement réel et authentique. 

Enfin, ce roman aborde un très grand nombres de thématiques, comme le deuil, l'émancipation, le théâtre… Mais pour moi, il y a aussi un message central. En effet, Manon Fargetton célèbre l'importance du contact, des liens et comment les interactions avec les autres peuvent avoir un très fort impact sur notre vie.

Bref, avec A quoi rêvent les étoiles, Manon Fargetton nous livre un roman bouleversant, sensible et doux avec des personnages réels qui nous touchent en plein cœur. Si j'étais un peu sceptique au début, j'ai au final beaucoup apprécié ce livre et vous le recommande sans hésiter !


Ma note : ★★★★☆


A quoi rêvent les étoiles, écrit par Manon Fargetton 

Editions Gallimard Jeunesse (2020)

389p. 

Disponible en grand format, en e-book (publication au format poche en 2022) 


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Adrien Tomas fait partie de ces auteurs dont chaque parution m'attire en librairie, mais dont j'ai pour autant lu très peu de romans. Les Dossiers du Voile ne fait pas exception à la règle avec sa très belle couverture et son scénario d'enquête paranormale. Maintenant, je l'ai enfin découvert et quelle surprise ! 


**

Bienvenue dans le monde du Voile !

Lieutenant de police au sein de la Brigade de régulation des espèces méta-humaines de Paris, Tia Morcese a beaucoup de mal à faire respecter l’ordre et la sécurité… et surtout à éviter que druides, nécromanciens, loups-garous et autres espèces méta-humaines révèlent leur existence au reste du monde.

À côté de son impressionnante grande sœur, Mona pourrait presque passer pour une ado normale. Pourtant, l’apprentie sorcière est loin d’avoir les yeux dans sa poche ! Et quand elle tombe sur des informations clés qui pourraient faire avancer les affaires en cours de Tia, elle n’hésite pas une seconde à suivre ses propres pistes.

Mais le monde du Voile n’est pas sans danger…

** 

Ce roman rassemble à peu près tout ce que j'aime en fantasy young-adult, à commencer par un univers fouillé. Adrien Tomas reprend avec brio une idée vieille comme le monde, celle selon laquelle les créatures surnaturelles vivraient parmi nous en formant une sorte de société secrète appelée Le Voile . Cela m'a beaucoup rappelé Le Paris des merveilles, saga que j'affectionne beaucoup. Mais, ici, j'ai apprécié découvrir les différents clans et leurs activités respectives : les fées et les trolls gouvernent le  marché de la drogue, les dragons font des prêts bancaires, les loups-garous et les vampires se font la guerre…  

Du côté des personnages, ceux-ci sont particulièrement bien caractérisés et attachants. J'ai particulièrement aimé les membres de la famille Morcese, dont les deux héroïnes principales Tia et Mona. La première est une policière qui ne manque pas de courage et même si sa force la rend un peu stéréotypée, son indépendance et son attachement à sa famille la rendent très attachante. Mona est une adolescente de 15 ans discrète, mais forte à sa manière. Son admiration pour sa sœur est assez touchante. De manière général, les personnages secondaires sont très nombreux mais ils sont tellement différents les uns des autres qu'on a aucun mal à s'y retrouver. 

"Avec la magie, tout est possible. Compliqué, je ne dis pas. Mais possible"

Il ne m'a fallut que quelques pages pour être totalement embarquée dans cette enquête trépidante et addictive. La plume de l'auteur est vive, dynamique et ponctuée d'un humour cocasse que j'ai beaucoup apprécié. L'intrigue est finement construite et l'auteur parvient à éviter les clichés, au point de me surprendre de nombreuses fois.

Bref, Les Dossiers du Voile est une véritable réussite qui allie humour, enquête, réfléxion et originalité avec brio. Malgré son côté fantastique, l'histoire paraît totalement crédible grâce au style vivant de l'auteur et aux personnages dont les personnalités sont particulièrement tangibles. J'ai adoré ma lecture et je ne peux que vous recommander de le découvrir ! 


Ma note : ★★★★★



        Les Dossiers du Voile d'Adrien Tomas 

        Editions Fleurus 

        Paru le 8 janvier 2021

        415 pages 

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Résumé : Née en Nouvelle-Écosse. orpheline à trois mois. Anne est récupérée par une série de familles d'accueil. Malgré la pauvreté, elle parvient à s'évader de sa sombre existence grâce à son imagination débordante. Elle lutte pour rendre les circonstances acceptables. recherche des âmes sœurs et trouve dans les livres une certaine consolation, tout en rêvant de fonder un jour sa propre famille. Curieuse, inventive, amoureuse de la vérité, Anne fait déjà preuve du sens de l'émerveillement et de l'espoir qui la caractériseront sa vie durant. Ce roman relate les événements à la fois tristes et loufoques de la vie de la rouquine à l'esprit débridé avant qu'elle ne se rende chez les Cuthbert, à l'Ile-du-Prince-Edouard…


Informations : Monsieur Toussaint Louverture (2020) - 382p. - 16,50 € (neuf et broché) 


                                            __________________________________________________


"Anne de Green Gables" (anciennement Anne… la maison aux pignons verts) a eu le droit en 2020 à une nouvelle traduction française par Hélène Charrier. C'était l'occasion pour moi idéale de découvrir ce grand classique de la littérature canadienne, qui plus est dans une édition de très grande qualité. Avec le nombre d'avis positifs sur ce roman, j'avais un peu peur d'en attendre trop. Autant vous dire que je suis loin d'avoir été déçue et que ça a aussi été un coup de cœur chez moi !

Franchement, je ne regrette pas de l'avoir glissé dans ma PAL du Pumpkin Autumn challenge car ce roman convient parfaitement à l'automne. On y retrouve cette ambiance cottage core, réconfortante et un peu surannée, similaire à celle des 4 filles du Docteur March. Je me suis totalement laissée emporter dans cet univers irréel que les descriptions rendent cependant assez crédible.

Mais le point principal du roman est sans aucun doute son héroïne, Anne Shirley (avec un "e" à prononcer impérativement). Anne, c'est une rêveuse sans limites, un rayon de soleil qui traverse le ciel nuageux et une paillette ambulante. Une chose est sûre : impossible de lui résister ! J'ai eu un peu de mal avec son caractère volubile au début, mais je me suis finalement beaucoup attachée à elle, tant pour son entrain, que sa gentillesse ou encore sa positivité. C'est l'amie qu'on rêverait tous et toutes d'avoir, mais elle n'est pas idéalisée pour autant et reste profondément humaine. 

Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Leurs caractères sont réalistes et les dialogues sont si bien écrits que leurs interactions sont très vivantes et qu'on les visualise facilement. Parmi eux, j'ai une petite préférence pour Matthew et Marilla, les parents adoptifs de Anne. Ils ont tous les deux une personnalité radicalement opposée à la sienne (et une personnalité radicalement opposée tout court !) et pourtant, leur relation est touchante et offre plein de passages super mignons. 

Au final, j'ai assez peu parlé de l'écriture, mais elle m'a tout autant convaincue que le reste. Je ne peux pas vous dire si cette nouvelle traduction est meilleure que l'ancienne, mais je l'ai trouvée fluide et agréable à lire sans être trop pompeuse. Pour autant, on retrouve dans les tournures de phrases et les répliques, ce petit côté authentique que j'apprécie quand je lis un classique.

Pour conclure, Anne de Green Gables s'avère à la hauteur de sa réputation. Un vrai bonheur de lecture ! Un peu agacée par le caractère de Anne au début, je me suis finalement beaucoup attachée à elle et je suis pressée de la retrouver dans les tomes suivants. Les autres personnages sont tout aussi réalistes et attachants. Sinon, la lecture est prenante, l'écriture est fluide et l'univers enchanteur… que demander de plus ? Je vous le recommande sans hésiter !


En bref…

✔ : L'ambiance, le personnage de Ann, l'écriture 
✖ : / 


Ma note :  coup de cœur ♥


"Il y a tellement d’Anne différentes en moi. Parfois, je me dis que c’est pour ça que je suis si pénible. Si j’étais une seule et unique Anne, ce serait vraiment beaucoup plus simple – mais aussi bien moins intéressant."
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Résumé : D'implacables adversaires ont pris en chasse Ryan, Marie et Sergueï. Ces trois adolescents ne se connaissent pas, mais ont un point commun : tous trois possèdent des pouvoirs littéralement effrayants. Des pouvoirs hérités de monstres qui dorment depuis des millénaires et qui sont en train de se réveiller. Heureusement, Ryan, Marie et Sergueï sont aidés dans leur fuite par une jeune fille travaillant pour un mystérieux groupe : l'Agence Lovecraft. Ils apprennent alors que la Terre est menacée et qu'ils représentent le dernier rempart contre des forces maléfiques. Ryan, Marie et Sergueï accepteront-ils de livrer le combat le moment venu ?  


Informations :  Gulf Stream éditeur - 177 pages - 15€  - En librairie le 9 septembre 2021 ! 

__________________________________________________

Merci aux éditions Gulf stream ! 


Un roman jeunesse inspiré de l'univers horrifique de Lovecraft : avouez, ça donne envie ! Il ne m'en a pas fallu plus pour avoir envie de découvrir L'agence Lovecraft. Malgré mes appréhensions sur le côté "jeunesse" du livre, j'ai finalement passé un bon moment avec ce premier tome très prometteur. 

Avant de débuter ma chronique, je tiens  à souligner le travail de l'éditeur sur ce livre. L'illustration de la couverture est juste magnifique et certains détails sont rehaussés par un vernis phosphorescent. Cela donne un effet saisissant tout à fait dans le thème. (oui oui je me suis bien enfermée dans le noir pour essayer 🥲)

On ne va pas se mentir, l'aspect jeunesse est quand même assez présent dans le roman. Cela se ressent particulièrement au niveau du rythme : tout s'enchaîne très rapidement  et on a quasiment pas le temps de souffler. Mais, cela dit, c'est loin d'être dérangeant et moi qui était à la recherche d'une lecture fluide, rapide et directe, j'ai été servie. Les personnages sont agréables à suivre et ont des caractères plutôt réalistes.

Le plus gros point fort de ce roman, c'est sûrement son univers. L'auteur est un passionné de Lovecraft et ça se ressent ! L'histoire est parsemée de références à différentes nouvelles de Lovecraft qui sont plaisantes à repérer quand on connaît un peu l'auteur. Cependant, le roman peut clairement être apprécié sans comprendre ces références, étant donné qu'il se destine à de jeunes ados. Cela dit, les descriptions de monstres rappellent clairement celles présentes chez Lovecraft et incorporent une pointe de frissons dans le récit. Ajoutez à cela quelques clins d'œil à Jules Verne et aux technologies steampunk et vous obtenez un mélange atypique et savoureux. 

Malgré tout ces points positifs, je regrette  que le roman ne soit pas plus long et développé. On est clairement face à un premier tome d'introduction qui pose les bases de l'univers et présente les différents protagonistes. Ainsi, on a peu d'éléments sur L'Agence Lovecraft ni même sur les principaux antagonistes. Le cliffhanger final laisse néanmoins sous-entendre qu'on en apprendra plus dans la suite. 

Pour conclure, j'ai beaucoup apprécié ce premier tome qui se lit très rapidement. L'auteur est parvenu à créer une histoire solide, captivante et un univers aussi original qu'immersif. Même si j'ai été frustrée par son aspect très introductif, je ne regrette pas du tout de m'être lancée dans cette lecture et je lirais la suite avec grand plaisir. 



En bref…
✔ : L'intrigue captivante, l'univers immersif et l'inspiration de Lovecraft 
✖ : un peu trop court ? 



Ma note :  ★★★☆☆


"Que meurt toujours ce qui à jamais dort" 

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